[%b%]Conception :
Le snowboard est né dans les années soixante aux Etats-Unis, après avoir trotté dans la tête de quelques surfeurs d'eau et skaters. Nous ne savons pas vraiment d'ailleurs, qui des trois personnalités Tom Sims, Paul Graves ou Sherman Poppen, en a eu l'idée en premier. Je dois avouer avoir un faible pour l'histoire de Sherman qui construisit ces premières planches pour les offrir à ces deux filles à l'occasion du 25 décembre 1965. De toute façon, remettons les pendules à l'heure. Remercions ces "indigènes" Hawaïens d'avoir tout simplement inventé, depuis plusieurs siècles déjà, la glisse en position latérale. Mais revenons aux années 60. A cette époque, le matériel est plutôt rudimentaire : pas de fixation, une dérive, une poignée reliée à la spatule par deux cordons et un nom plutôt singulier : le "Snurfer".
[%b%]Naissance :
Au début des années 70, Dimitri Milovitch et Don Moss fondent Winterstick (première industrie), suivi de Sims en 76 et de Burton en 77. Burton apporte une évolution considérable grâce notamment aux carres permettant enfin la pratique "extra poudreuse". C'est d'ailleurs au cours de la saison 76-77, que le premier snowboard apparu en France, à Tignes, aux pieds de Monsieur Authier déjà pionnier du ski acrobatique.
[%b%]Enfance :
Dans les années 80, le snowboard commence à se frayer un chemin de plus en plus prometteur dans le milieu "hostile" de la montagne. Malgré un nombre de pratiquants de moins en moins marginal, le snowboard n'est pas encore totalement accepté. D'ailleurs, à cette époque, il est relativement difficile d'accéder aux remontées mécaniques réservées aux traditionnels skieurs. Ajouter un hiver 85 dépourvu de neige et nous pouvons facilement imaginer dans quel climat défavorable le snowboard s'est installé. Malgré cela, rien n'entâche la progression du nombre de pratiquants. Depuis le début, le snowboard n'est pas considéré comme un sport mais comme un véritable style de vie, s'appuyant sur de puissants référents appartenant déjà au monde du skate et du surf d'eau. Face à ce début prometteur, l'industrie du snowboard investit et se développe à très grande vitesse. Les technologies issues du milieu du ski sont enfin utilisées dans la conception des planches. Les résultats sont époustouflants, rendant la pratique beaucoup moins élitiste et beaucoup plus efficace. Logiquement, les premières compétitions apparaissent.
[%b%]Adolescence :
En 1990, le snowboard explose. La pratique devient de plus en plus populaire. Mais l'adolescence est souvent synonyme de crise. Le snowboard est le premier sport montagnard à s'être ouvert au milieu urbain. Cette nouvelle population, en manque de repères dans cet environnement traditionnel, pose ces propres marques plutôt décalées et extrémistes. Le mouvement "trash" apparaît : tenue et discours excentrique, non-respect de la montagne et de ses usagés, valeurs radicalement opposées où dépassement de soi, découverte de la nature, pratique réservée à une élite sociale sont devenus désuets. Heureusement, ce mouvement s'estompa en 95. Contre toute attente, cette véritable gifle a fait grandement avancer le snowboard dans sa quête de reconnaissance. Dans le souci de canaliser la vague grandissante de ces nouveaux consommateurs (effrayant les anciens), les décideurs des stations de sports d'hiver ont enfin pris la sage décision de se mettre à l'écoute et de répondre aux attentes des pratiquants.
[%b%]Maturité :
La reconnaissance suprême de l'existence d'un sport passe par sa présence aux Jeux Olympiques. Le 8 septembre 1994, lors d'une conférence de presse à Munich, M Marc Holder, alors vice-président du CIO, déclare : "Le snowboard sera officiellement discipline Olympique pour les JO de 2002". Raté M. Holder. Le snowboard a encore surpris tout le monde et c'est en 1998, à Nagano, que des millions de téléspectateurs ont pu suivre les péripéties de quelques coureurs un peu déboussolés face à la grandeur de l'événement. Ce fait mis à part, le snowboard a enfin trouvé sa place dans le paysage des sports de montagne. L'énorme taux de croissance des pratiquants commence à faiblir, tout en restant honorable. Les structures d'apprentissage (écoles), d'accueil (snowparks) et de compétition (fédérations) ont le temps de s'adapter et fonctionnent pour le mieux. Une nouvelle ère s'annonce : celle de la pérennité.


